Comment j'ai sauvé un ami :
Vers le début de l'année 1972, j'avais un ami avec lequel je partageais mes peines et mes joies, sauf le secret de mes pouvoirs occultes. Un jour, les esprits me dirent que cet ami était déjà ensorcelé, et que sa mort était déjà décidée. Comme je l'aimais beaucoup, j'eus compassion de lui et je demandai à ces esprits s'il y avait un moyen de le sauver. Tout était possible, d'après eux, mais il fallait pour cela lui faire vivre la scène de sa mort, avant qu'il soit sauvé. Il me fut demandé de sortir avec lui un samedi soir, pour rentrer un peu tardivement à la maison. Ce jour-là, sur le chemin du retour, nous devions traverser un petit vallon avant d'arriver chez nous. Alors que nous étions encore de l'autre côté de la colline, nous vîmes au loin des gens qui entouraient un cadavre et qui pleuraient.
Nous nous approchâmes, en remarquant que cet attroupement se situait dans le vallon, et non au village. Soudain, nous remarquâmes que ce corps immobile était celui de mon ami, qui, pourtant, était vivant à mes côtés. Ayant vu cela, il fut saisi d'une grande frayeur et vint m'embrasser sous l'effet de l'émotion. Juste au même moment, nous vîmes, sur un arbre proche, un homme entièrement nu qui grimpait sur l'arbre en s'appuyant sur son postérieur. Après un examen attentif, nous reconnûmes en lui le chef coutumier de notre village. Il vit que nous l'avions reconnu, mais il ne voulut pas nous laisser aller. Il nous tendit un piège pour nous ravir la vie, par l'intermédiaire d'un démon qui nous attendait non loin de là. Etant en parfaite communication avec mes esprits, j'ai été immédiatement alerté du danger que nous courrions. Je leur ai demandé une protection immédiate. Nous avons alors vu un nain, qui portait un très gros paquet sur la tête. Nous l'avons évité de justesse, car c'est lui qui était chargé d'une mission contre nous. Son paquet contenait les esprits de toutes les personnes qui avaient été tuées par les sorciers du village, et il était leur chef suprême. Mon ami eut très peur de toutes ces choses que nous avions vues, et il ne lui fut pas possible d'aller passer la nuit ailleurs. Je l'emmenai dans ma case. Je passai toute la nuit à parler avec les esprits pour connaître l'étape finale de la délivrance de mon ami. Pour cela, je devais faire appel à un cousin maternel, car c'est lui qui cuisinait la chair des victimes de la sorcellerie. Je devais lui demander de restituer la chair de mon ami.
Le lendemain matin était un dimanche. Avant de me rendre à la messe de 9 heures, je fis appeler ce cousin pour avoir un entretien avec lui, mais il refusa énergiquement de reconnaître la vérité. Les esprits me dirent de le laisser partir, et de le rappeler à 18 heures, pour lui donner l'ordre de s'exécuter. En effet, à partir de 18 heures, tous les sorciers sont en parfait contact avec leur monde spirituel. Après cet entretien avec les démons, je me rendis à l'église pour servir la messe, et pour vaquer à toutes les activités des jeunes, ne sachant pas que je ne faisais plus partie des enfants de Dieu à cause de ces pratiques (Lév.20 : 6).
Le soir, à 18 heures, je convoquai encore mon cousin, mais cette fois avec une autre détermination. Je repris l'entretien du matin, mais le cousin niait toujours. Pour ne pas perdre plus de temps, j'ordonnai à son esprit de sorcellerie d'aller chercher la marmite où était préparée la chair de mon ami. Cet esprit partit, pendant que, physiquement, mon cousin faisait semblant de dormir. Cet esprit dut voler la marmite, car il n'avait pas été autorisé à faire disparaître la préparation qu'elle contenait. L'assemblée des sorciers se tenait à côté d'une carrière où l'on cassait des pierres. Lorsque l'esprit revint avec la marmite, il fit tomber des gouttes de sauce tout le long de la route qui menait à la carrière. Lorsque le cousin fit semblant de sortir de son sommeil, nous vîmes devant nous une marmite pleine de viande. J'appelai les esprits, qui vinrent remettre la chair, quoique déjà préparée, à son propriétaire, c'est-à-dire mon ami. Puis ils emportèrent la marmite.
Quelques minutes plus tard, ils revinrent me dire que de la sauce était tombée sur la route, et que toute personne qui toucherait cette sauce avec ses pieds devait mourir. Me voyant en quelque sorte responsable de la mort de tous les innocents qui iraient à la carrière, je demandai s'il y avait un moyen d'intervenir. Ils me promirent d'enlever toute la sauce de la route à 21 heures. A 21 heures, il y eut une forte pluie. Pendant ce temps, les esprits travaillèrent à enlever la sauce. Mais ils ôtèrent aussi toute la terre environnante qui, selon eux, était déjà empoisonnée. Leur travail provoqua la formation de très profonds ravins, à tel point que la route est restée impraticable jusqu'à ce jour. Ceci explique les problèmes que nous avons chaque jour sur nos routes. On répare aujourd'hui, mais deux semaines plus tard il y a encore des trous. La population critique ceux qui ont la responsabilité de construire les routes, mais ces personnes n'y sont pour rien.
Quand les magiciens et les sorciers travaillent, pendant toute la nuit, et lorsqu'ils veulent enlever ce qui pourrait causer un danger public, ils enlèvent même une partie de la chaussée, d'où à chaque fois des trous...