PARTIE 2 :LE CIMETIERE

PARTIE 2 :LE CIMETIERE
Au début de l'année 1973, commencèrent pour moi les événements les plus profonds et les plus sérieux qui marquèrent ma vie de magicien, et qui me conduisirent à découvrir le monde mystérieux de l'au-delà.

Un dimanche après la messe, le Curé de la paroisse, mon maître dans l'initiation, me fixa un rendez-vous chez lui à 19 heures. Fidèle au rendez-vous, je me rendis à l'heure chez le Curé. Il me reçut gentiment et m'offrit à manger. Puis il me dit ceci :

« Je t'ai promis de te montrer de plus grandes choses, et d'assurer ta vie. As-tu du courage ? »

J'ai répondu affirmativement. Puis il me demanda si je pouvais l'accompagner quelque part. Ma réponse fut encore affirmative. A ces mots, il me dit que nous allions faire une visite au cimetière. Il me donna l'ordre de ne regarder ni d'un côté ni de l'autre, ni derrière moi, à l'aller comme au retour. C'est moi qui devais marcher devant lui jusqu'à l'entrée du cimetière. Là, il devait me précéder pour pénétrer dans le cimetière. Nous nous revêtîmes tous deux de soutanes blanches. Quelques instants plus tard, il me tendit un flacon de parfum dénommé « Aoussarabia » et nous en répandîmes tous deux sur notre corps. Sitôt après, il me remit une sonnette et en prit une autre pour lui. Nous devions faire retentir ces sonnettes tout au long du chemin. Ce sont ces sonnettes qui sont utilisées pendant la messe catholique


Avant de sortir de sa maison, il prit le temps de réciter une certaine prière, et nous voilà partis. J'avais peur d'être vu me rendant au cimetière avec le Curé, car la rue qui y menait était très fréquentée, même dans les heures tardives de la nuit. Mais, à ma grande surprise, nous ne rencontrâmes personne lors de notre déplacement. A l'entrée du cimetière, je m'arrêtai et il passa devant. Je devais rentrer derrière lui, avec ordre de sonner à chaque pas. Nous nous dirigeâmes jusqu'en plein milieu du cimetière et là, il me demanda de m'agenouiller avec lui. Il commença à réciter des prières, en invoquant la première personne enterrée dans ce cimetière. Je l'écoutais courageusement. Quelques instants après, nous vîmes quelqu'un venir lui répondre. Il demanda pourquoi il l'avait appelé. Le Curé répondit qu'il voulait contacter le « monde invisible », car il était accompagné d'un visiteur, en l'occurrence moi. L'esprit lui donna son accord. Il changea alors d'invocation, pour appeler le « Patron BOMBARD ». Soudain, un très fort tremblement de terre se produisit, et un vent très fort se mit à souffler. Devant ces événement inhabituels, je pris peur. S'en étant aperçu, il me rassura. Soudain, une voix tonitruante, grave et autoritaire se fit entendre, mais il m'était difficile de la localiser. Cette voix s'adressa au Curé en ces termes : « Pourquoi me déranges-tu ? » Il répondit alors qu'il était venu lui présenter le « petit » dont il lui avait parlé. Pour ma part, je ne comprenais rien de tout cela. Ensuite, BOMBARD s'adressa à moi en m'appelant par mon nom. Or ce nom ne lui avait pas été communiqué depuis que nous étions là.

# Posté le lundi 15 janvier 2007 19:40

Modifié le mardi 16 janvier 2007 19:03

LE CIMETIERE

La voix me dit : « BAKAJIKA, qu'est-ce que tu es venu faire ici ? » Ignorant même le but de ma présence au cimetière, je bredouillai que j'étais venu accompagner le Curé. Il me répondit d'attendre, et qu'il allait me dire ce que je devrais faire. Puis j'entendis le Curé et la voix converser dans une langue que je ne comprenais pas. Une fois cette conversation terminée, BOMBARD me dit : « BAKAJIKA, nous constatons que tu as beaucoup de doutes en toi. Mais, pour te prouver qu'il se passe des choses sérieuses ici, demande-moi ce que tu veux, et je le réaliserai tout de suite. » Or mon ardent désir était toujours de venger la mort de mon grand frère. Je lui dis alors : « C'est dans ce cimetière qu'est enterré mon grand frère. Je veux le voir et lui parler. » Il me fit attendre une minute, puis je vis de mes propres yeux mon grand frère, qui était mort depuis quatre ans. Il me posa la question suivante : « Pourquoi me cherches-tu ? » Je lui répondis que je voulais en savoir plus sur les circonstances de sa mort. Il me répondit ceci :

« Tu es déjà un homme important, puisque tu es déjà parvenu jusqu'ici. Ce n'est pas à moi de te répondre, car tu en sauras davantage. » Sur ces mots, il disparut... Puis BOMBARD s'adressa de nouveau à moi : « Tu vas m'acheter 30 flacons de parfum Aoussarabia, et tu me les amèneras. Ensuite, tu ne devras plus avoir recours à la magie pratique, car, maintenant, de bonnes choses ont commencé pour toi. » Il me promit de me révéler des secrets que je ne connaissais pas.

Avant de quitter le cimetière, le Curé me demanda de ramasser du sable sur une tombe quelconque. De retour à la maison, le Curé entra le premier, à reculons. Je dus le suivre en entrant aussi à reculons. Il me demanda de jeter le sable à terre, de manière à barrer l'entrée de la maison. A l'intérieur, je lui demandai pourquoi nous n'avions rencontré personne en nous rendant au cimetière. Il me répondit qu'il avait écarté tous les passants par la prière prononcée juste avant notre départ. Je lui demandai ensuite à quoi avait servi le sable prélevé sur une tombe. Il me dit que cela constituait une barrière, pour que tous les esprits du cimetière ne puissent pas nous atteindre.

J'étais très curieux de savoir à qui j'allais remettre le parfum, et comment je devais procéder, car je n'avais vu personne, mais j'avais seulement entendu la voix. Le Curé m'assura que je devais remettre moi-même ce parfum de la main à la main à celui qui m'avait parlé.

De nouvelles faveurs occultes :

Je courus demander à mon père la somme qui couvrirait l'achat du parfum. Comme il était conscient de mon assiduité à l'école, il n'hésita pas à me remettre cette somme. Deux jours après, j'étais chez le Curé avec mon paquet de parfum. Nous nous préparâmes pour aller au cimetière, comme la première fois. A 20 heures, nous étions au cimetière. Le Curé a prié et fait ses invocations, et le même tremblement de terre se produisit. Notre interlocuteur invisible vint nous demander le motif de notre présence. Le Curé dit que je me trouvais là avec le parfum demandé. Il me demanda de m'avancer de quelques pas et de déposer le paquet à terre. Ceci fait, je vis le paquet disparaître sous mes yeux. M'ayant félicité pour cet effort, BOMBARD me promit de me fixer un endroit, dans ma chambre, qui serait une sorte de boîte aux lettres, où je recevrais les correspondances qui m'étaient destinées. Il promit de m'envoyer un carnet de prières que je devais étudier par coeur pendant trois mois, ainsi qu'une chaînette magique et de la poudre magique.

# Posté le lundi 15 janvier 2007 19:44

Modifié le mardi 16 janvier 2007 19:23

LE MONDE INVISIBLE

Une lettre du monde invisible :

Deux jours plus tard, je trouvai au pied de mon lit une lettre écrite par BOMBARD, qui me communiquait le numéro de ma boîte postale (B.P. OO/0045+) et mon numéro d'appel téléphonique (0011/0012, Direction Générale, INDE). Je devais renvoyer cette lettre dans le monde invisible après en avoir pris connaissance, car quiconque la lirait devait mourir. Cette Direction Générale était située au N° 102 de la Rue du Cimetière, dans le monde invisible.

Comment je communiquais avec le monde invisible :

Les communications téléphoniques étaient assurées au moyen d'un appareil ressemblant à un talkie-walkie, mais aussi petit qu'une boîte d'allumettes, ou encore à l'aide d'une chaînette magique, qui portait une croix. Quand on mettait le bout de la croix dans la bouche, on entrait en contact avec le monde invisible. Cette même chaînette pouvait tuer des gens, si on leur donnait un coup avec elle. Deux jours plus tard, les personnes ainsi frappées mouraient après une petite poussée de fièvre. On pouvait aussi guérir les malades en plaçant la chaînette autour de leur cou.



Je reçois le carnet de prières :

Une semaine plus tard, à minuit, alors que je dormais, j'entendis comme dans un rêve quelque chose tomber au pied de mon lit. Je sursautai, et je me rendis compte que le carnet de prières promis se trouvait là. Cet endroit était donc bien celui de ma boîte postale magique. La couverture du carnet portait des dessins très significatifs. Mon nom était imprimé en haut de la couverture : BAKAJIKA MUANA NKUBA. Au-dessous était représenté un cercueil fermé, dans lequel était allongé un cadavre. Le cercueil était surmonté d'une croix, au sommet de laquelle était perché un oiseau. Sous le cercueil, horizontalement, étaient alignées 14 petites croix. Le cercueil et le cadavre signifiaient que toutes mes activités seraient centralisées à partir du cimetière, lieu où l'on enterre les morts. L'oiseau perché sur la croix indiquait que c'était du cimetière que nous devions nous envoler pour le monde invisible. Le carnet contenait une série de 16 prières dont j'allais avoir besoin pour toutes mes activités :

"pour aller au cimetière, pour invoquer le monde invisible, pour parler avec les morts, pour réussir en amour, pour faire des miracles, produire de l'argent, etc."

Je devais tout faire pour mémoriser ces prières au cours des trois mois suivants. Le lendemain matin à 6 h. 30, je me présentai chez le Curé pour faire mon rapport. Au cours de notre conversation, il me dit que chaque fois que je lisais une phrase de ces prières, les habitants du monde invisible étaient alertés. Je lui dis que, dans ce cas, j'allais les tourmenter sans cesse. Il m'assura que le monde invisible ne m'en tiendrait pas rigueur, car on savait que j'étais en train d'apprendre. Trois mois s'écoulèrent à ma plus grande satisfaction, car j'avais bien mémorisé et maîtrisé toutes ces prières. Le jour vint où je dus confirmer toutes mes connaissances au cimetière. Je dis à mon initiateur que j'étais prêt. C'est alors qu'il fut décidé que nous irions au cimetière afin de prouver à BOMBARD que j'avais bien appris mes prières. Pendant la préparation de notre visite, le Curé me dit que, cette fois-là, c'était moi qui allais prononcer les invocations.

# Posté le lundi 15 janvier 2007 19:50

Modifié le mardi 16 janvier 2007 19:30

RETOUR AU CIMETIERE

Ma nouvelle visite au cimetière :

Parvenus au cimetière, le Curé me passa la parole. Je prononçai douze fois l'invocation, mais sans résultat. A la 13e reprise, j'entendis le tremblement de terre et le vent très fort qui soufflait. Puis notre interlocuteur finit par me répondre : « BAKAJIKA, pourquoi me déranges-tu ? » Je lui répondis que je me trouvais là pour lui montrer que j'avais bien maîtrisé les prières. Il me demanda alors de les lui réciter toutes, de la dernière à la première. Lorsque j'eus terminé, il me félicita, mais m'interdit formellement de montrer le carnet à quiconque n'était pas des nôtres. Car toute personne qui regardait simplement le carnet devait mourir. Il m'autorisa à les invoquer ou à visiter le cimetière à mon gré, et à demander tout ce que je voulais, comme l'indiquaient les prières. Il me donna ensuite l'appareil de la grandeur d'une boîte d'allumettes, pour entrer en communication directe avec eux, n'importe quand. Cet appareil m'est parvenu dans la main sans que je sache par quel moyen. Puis il ajouta : « Avant que je te donne l'autorisation d'utiliser les prières, tu dois passer par le baptême. » J'ai donc laissé le Curé à l'endroit où nous étions agenouillés, et je suis allé plus loin dans le cimetière. J'ai remarqué à cet endroit une ancienne bouteille de whisky Johnny Walker remplie d'eau. BOMBARD m'a ordonné de me laver le corps entier dans cette eau. Je le fis et je remarquai que cette eau ne diminuait pas dans la bouteille.


J'exerce de nouveaux pouvoirs :

Ce jour-là, je rentrai fou de joie à la maison, devant la perspective d'avoir ainsi tout mon avenir largement ouvert. Ce même jour, dans ma chambre, je tentai de demander de l'argent, car c'était mon tout premier désir. J'utilisai donc l'une des prières pour demander 5.000 zaïres. Cette somme me parvint par ma « boîte postale » aux environs de minuit. J'étais au lit lorsque le bruit du paquet tombant dans ma chambre me fit sursauter. Je regardai dans le paquet : il contenait quelques liasses de billets. Je m'empressai de vérifier le contenu. Il y avait bien 5.000 zaïres, ce qui, à l'époque, représentait une fortune. Le monde s'ouvrait devant moi !

Cet argent fut dissipé dans la boisson et à courtiser les filles, etc. Lorsqu'il fut dépensé, j'eus à nouveau recours au monde invisible pour demander une autre somme d'argent, qui me fut donnée sur le champ. Je me suis taillé grâce à cela une place privilégiée parmi mes camarades de classe et mes amis. Il me suffisait de faire une petite prière pour que mes poches soient remplies de billets de banque. Ma richesse s'accrut à tel point qu'à l'âge de 16 ans, je pus acheter ma première voiture de marque Ford. J'étais en contact permanent avec le monde invisible, soit à partir du cimetière, soit par les prières d'invocation, soit par le téléphone que je possédais. Mes activités allaient en s'intensifiant, et tout mon entourage était dans l'étonnement.

# Posté le lundi 15 janvier 2007 20:00

Modifié le mardi 16 janvier 2007 19:38

PROTECTION

PROTECTION
Comment j'étais protégé :

Jusque là, aucun danger spécial ne s'était manifesté. Le Curé me prodiguait des conseils encourageants et ne me disait rien de plus, sinon de rester très discret. J'étais devenu un familier du cimetière, et je pouvais à présent m'y rendre seul, sans plus rien craindre. J'invoquais n'importe qui parmi tous ceux qui y étaient enterrés, pour m'entretenir avec eux sur les sujets de mon choix. J'ignorais même que j'avais déjà acquis une grande puissance, qui me rendait invulnérable aux féticheurs et à la sorcellerie. Cette position privilégiée avait suscité la haine dans les milieux familiaux.

Ceux qui avaient causé la mort de mon grand frère me regardaient d'un mauvais oeil. Ils cherchaient le moyen de m'atteindre pour me nuire, mais cette occasion ne leur fut pas accordée. Ils complotèrent avec un grand féticheur de KANANGA, connu pour son pouvoir de lancer une foudre surnaturelle, dans le but de tenter d'anéantir ma puissance. Il m'appela, et je répondis à son appel. Lorsque j'entrai dans sa maison, il me présenta une casserole en argile, dans laquelle il avait préparé sa mixture. Il me dit qu'il m'aimait, et voulait m'accorder une protection contre toute puissance occulte. Il m'invita à monter sur la casserole. Cette casserole avait en principe le pouvoir de me transporter et de me faire circuler, tout en me dépouillant de ma puissance. Lorsque je me mis debout sur la casserole, elle se cassa. Il se mit violemment en colère et me chassa.

Il s'appelait LUKINU, ce qui signifie LA HAINE dans notre langue. Plusieurs sorciers et féticheurs m'invitèrent à tour de rôle, mais pour voir leur puissance détruite. Avant de quitter la maison paternelle, nous dûmes subir, avec toute notre famille, une attaque de foudre lancée par LUKINU pour nous tuer. Il fut mandaté pour cela par un oncle paternel nommé MUKENDI, en complicité avec l'une de mes tantes paternelles, appelée BIUMA. Cette tentative échoua, à cause de ma présence dans la maison ce soir-là.

# Posté le lundi 15 janvier 2007 20:01

Modifié le mardi 16 janvier 2007 19:42