Un dimanche après la messe, le Curé de la paroisse, mon maître dans l'initiation, me fixa un rendez-vous chez lui à 19 heures. Fidèle au rendez-vous, je me rendis à l'heure chez le Curé. Il me reçut gentiment et m'offrit à manger. Puis il me dit ceci :
« Je t'ai promis de te montrer de plus grandes choses, et d'assurer ta vie. As-tu du courage ? »
J'ai répondu affirmativement. Puis il me demanda si je pouvais l'accompagner quelque part. Ma réponse fut encore affirmative. A ces mots, il me dit que nous allions faire une visite au cimetière. Il me donna l'ordre de ne regarder ni d'un côté ni de l'autre, ni derrière moi, à l'aller comme au retour. C'est moi qui devais marcher devant lui jusqu'à l'entrée du cimetière. Là, il devait me précéder pour pénétrer dans le cimetière. Nous nous revêtîmes tous deux de soutanes blanches. Quelques instants plus tard, il me tendit un flacon de parfum dénommé « Aoussarabia » et nous en répandîmes tous deux sur notre corps. Sitôt après, il me remit une sonnette et en prit une autre pour lui. Nous devions faire retentir ces sonnettes tout au long du chemin. Ce sont ces sonnettes qui sont utilisées pendant la messe catholique
Avant de sortir de sa maison, il prit le temps de réciter une certaine prière, et nous voilà partis. J'avais peur d'être vu me rendant au cimetière avec le Curé, car la rue qui y menait était très fréquentée, même dans les heures tardives de la nuit. Mais, à ma grande surprise, nous ne rencontrâmes personne lors de notre déplacement. A l'entrée du cimetière, je m'arrêtai et il passa devant. Je devais rentrer derrière lui, avec ordre de sonner à chaque pas. Nous nous dirigeâmes jusqu'en plein milieu du cimetière et là, il me demanda de m'agenouiller avec lui. Il commença à réciter des prières, en invoquant la première personne enterrée dans ce cimetière. Je l'écoutais courageusement. Quelques instants après, nous vîmes quelqu'un venir lui répondre. Il demanda pourquoi il l'avait appelé. Le Curé répondit qu'il voulait contacter le « monde invisible », car il était accompagné d'un visiteur, en l'occurrence moi. L'esprit lui donna son accord. Il changea alors d'invocation, pour appeler le « Patron BOMBARD ». Soudain, un très fort tremblement de terre se produisit, et un vent très fort se mit à souffler. Devant ces événement inhabituels, je pris peur. S'en étant aperçu, il me rassura. Soudain, une voix tonitruante, grave et autoritaire se fit entendre, mais il m'était difficile de la localiser. Cette voix s'adressa au Curé en ces termes : « Pourquoi me déranges-tu ? » Il répondit alors qu'il était venu lui présenter le « petit » dont il lui avait parlé. Pour ma part, je ne comprenais rien de tout cela. Ensuite, BOMBARD s'adressa à moi en m'appelant par mon nom. Or ce nom ne lui avait pas été communiqué depuis que nous étions là.

