En 1976, le Curé m'appela pour m'informer de l'expiration de son mandat au Zaïre. Il me dit qu'il ne voulait pas m'abandonner en cours de route, selon sa propre expression. Nous devions donc faire à présent un pas de géant, pour atteindre le but final. Je croyais pourtant être parvenu au sommet de mes pouvoirs, et je fus surpris de savoir qu'il me fallait encore apprendre quelque chose. Je pris rendez-vous avec lui pour me rendre au cimetière à minuit, en sa compagnie.
Notre voyage astral :
En sortant de chez lui, à minuit, le Curé prit avec lui un petit tapis rectangulaire. Arrivé au cimetière, il invoqua le premier mort enterré là, en l'invitant à faire son travail, parce que nous allions voyager. Après une nouvelle invocation, il me fit un signe et me demanda de me mettre avec lui sur le tapis. Aussitôt, nous nous sommes dédoublés. Nos corps restèrent au cimetière, sous la bonne garde du premier enterré, et nous nous rendîmes dans notre esprit dans le monde occulte invisible. Nous nous retrouvâmes dans un monde très beau que je n'avais jamais vu de mon vivant, et dans une très belle ville. Nous parcourûmes les larges rues bien tracées et embellies. Il y avait des immeubles gigantesques à la décoration très raffinée. Nous nous engageâmes dans la rue du Cimetière et, au numéro 102, nous nous retrouvâmes au Siège de la Direction Générale de la Magie. Nous fûmes reçus avec faste.
Je vois mes interlocuteurs :
Déjà, au seuil de l'immeuble, je fus surpris de retrouver ma photo, de très grande dimension, affichée sur le mur de la salle d'attente. Comme je désirais en savoir plus, le Curé me dit que cette photo avait été prise lors de notre première visite au cimetière. Un moment après, nous fûmes introduits dans un bureau où se tenaient ceux qui nous avaient parlé au cimetière. J'ai reconnu, d'après leur constitution, qu'il s'agissait d'anges. Il y avait là trois personnages qui s'appelaient respectivement : Patron BOMBARD, qui s'occupait de l'administration et de toutes les relations extérieures, Patron MADRAC, qui était un guerrier et un juge, que l'on invoquait dans les situations fâcheuses, et qui avait le pouvoir d'indisposer, de rendre malade, de paralyser ou de tuer, suivant les cas, et Mademoiselle Marie-Jeanne BRIGNET, femme d'origine indienne, qui s'occupait des finances. Je fis leur connaissance, ainsi que celle du premier enterré du cimetière où je faisais mes visites. C'est lui qui faisait fonction d'agent de douane, en quelque sorte, pour nous faciliter l'accès au monde invisible.
