Un des points les plus chauds en Afrique du Sud est la région de Tugela Ferry. Il y règne une guerre depuis plus de cent ans et une quantité innombrable de personnes ont déjà péri. Le réveil s'étendit aussi bientôt dans cette région. Nous avions prévu trois réunions: vendredi, samedi et dimanche. Des foules y assistaient; à la fin de la réunion, beaucoup de gens restèrent pour un entretien spirituel. Avant le début du réveil, j'invitais habituellement les participants à la réunion à venir à l'avant et à accepter Jésus. Après le début du réveil, cela se révéla superflu. Les gens restaient d'eux-mêmes.
Nous ne lisons pas que les apôtres, à la Pentecôte, aient invité les gens à s'avancer. Dans Actes 2:37, il est dit que la prédication de Pierre toucha vivement le coeur des auditeurs et qu'ils s'écrièrent: "Hommes, que ferons-nous?"
Et c'est après qu'on leur a dit ce qu'ils devaient faire. Je ne veux pas dire par là qu'il n'est pas juste d'appeler les gens à s'avancer et à accepter le Seigneur Jésus. Si Dieu montre ce chemin, nous devons le prendre. Il est possible que cela soit une nécessité là où il n'y a pas de réveil. Après l'une de ces premières réunions à Tugela Ferry, des centaines de gens attendaient: "Nous ne pouvons pas aller à la maison sans avoir fait la paix avec Dieu."
J'étais très fatigué et j'ai dit à mes coéquipiers: "Je dois absolument m'allonger et dormir un peu. Si vous avez besoin de moi, s'il vous plaît, venez dans ma chambre." A minuit, je fus appelé: "Il y a toujours encore quelques centaines de personnes qui désirent que l'on prie pour leur guérison." J'ai demandé : "-Est-ce que ces gens ont été en cure d'âme ?
Ont-ils mis leur vie en ordre devant Dieu? Ont-ils fait ce que Jacques écrit dans sa lettre: "Confessez donc vos péchés les uns aux autres, ensuite priez"? - Oui, répondit mon coéquipier. Nous avons pu parler avec chacun individuellement. Mais maintenant, il en reste encore plus de deux cents, pour lesquels il faut prier de manière particulière." C'était clair pour nous que nous ne pourrions pas le faire avec chacun individuellement. C'est pourquoi nous avons décidé d'agir par groupe. Avec tant de gens, nous prenions habituellement 2 ou 3 % de ceux qui attendent de l'aide, choisis parmi les cas les plus difficiles et nous priions pour chacun individuellement, et ensuite on faisait une prière générale pour ceux qui restaient.
Cette fois-ci, il y avait dix aveugles parmi eux et les coéquipiers demandèrent si nous ne pouvions pas prier spécialement pour les aveugles. J'étais d'accord avec eux. Comme d'habitude, nous avons cherché un endroit à part. Alors que nous franchissions la porte d'une certaine pièce, la plupart d'entre eux s'écrièrent: "Nous pouvons voir! Nous sommes guéris!"
Avant qu'ils aient été en contact avec une main d'homme, le Seigneur Jésus les avait touchés, tellement
il était puissant en force au milieu de nous. Chacun des dix aveugles recouvra la vue.
J'aimerais ajouter un événement exceptionnel qui a un rapport étroit avec la guérison de ces dix aveugles. Un vendredi après-midi, un coéquipier blanc était en route avec un camion pour Tugela Ferry. Le véhicule était rempli de gens qui voulaient aller à la réunion. Quarante à cinquante kilomètres avant le but, sur le bord de la route, le chauffeur aperçut une femme aveugle et un enfant, qui levait la main pour faire arrêter le véhicule. Le conducteur s'arrêta et demanda ce qu'elle voulait; l'aveugle répondit:
"J'ai entendu dire que quelque part des réunions ont lieu et j'aimerais y aller. S'il te plaît, peux-tu me prendre?" Le coéquipier répondit: "Je suis désolé, mais je n'ai plus de place pour toi, le véhicule est complètement plein." Les noirs ne peuvent pas comprendre qu'il n'y a plus de place; aussi longtemps qu'un espace est encore inoccupé, ils ne se soucient pas d'un poids total autorisé. Mais cette fois-là, le véhicule était désespérément plein. Le frère essaya de lui expliquer. Quand elle commença à pleurer, il essaya de trouver une solution en disant:
"La seule possibilité qui existe, c'est qu'un ou deux volontaires descendent. Alors tu pourras venir." Personne ne fut prêt à rester dans cette contrée déserte et inconnue. Finalement, ils durent laisser cette femme en pleurs. Cela s'était passé le vendredi après-midi. Le samedi soir, tard dans la nuit, les dix aveugles furent guéris à Tugela Ferry. Mais un autre miracle avait eu lieu. Le dimanche quand le coéquipier blanc repassa avec son véhicule plein à l'endroit où ils avaient laissé la femme, ils ne retrouvèrent plus une aveugle, mais une femme joyeuse, éclatante de joie, qui en plus avait retrouvé la vue. Jubilante, elle disait que Jésus l'avait guérie. On lui demanda: "
- Quand cela est-il arrivé?
- Hier, samedi.
- Quelle heure était-il?
- Tard dans la nuit," répondit la femme.
Ils examinèrent l'heure et réalisèrent que c'était au même moment que Jésus avait guéri les dix autres. Le Seigneur Jésus avait vu le c½ur de cette femme et l'avait guérie dans sa grâce. Pouvons-nous comprendre maintenant pourquoi ces gens disent: "Il n'y a pas d'autre Dieu qui soit comme Jésus."